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Vendre ou acheter un restaurant/bar avec licence IV : les 10 questions qui évitent les mauvaises surprises des cessions de fonds de commerce.

Les questions incournables lors d'une vente de fonds de commerce.

1. Vous vendez un “fonds”… mais qu’est-ce qui est vraiment inclus ?

Quand on parle de cession de fonds de commerce,beaucoup pensent immédiatement « local et matériel ». En réalité, vous vendez ou achetez un ensemble : clientèle, nom commercial, droit au bail, matériel, contrats, stocks, parfois une terrasse, et, pour un bar, une licence IV. La première question est donc simple : qu’est-ce qui est compris dans le prix, et qu’est-ce qui sera réglé en plus, notamment les stocks et certains équipements?

2. La licence IV est-elle comprise… et surtout exploitable ?

La licence IV est souvent l’élément le plus précieux et le plus sensible. Il faut vérifier qu’elle est bien incluse dans la cession, qu’elle est rattachée à l’établissement, qu’elle est exploitable et que les formalités éventuelles de transfert pourront être réalisées. Une imprécision sur ce point peut retarder l’ouverture ou réduire fortement la valeur du fonds.

3. Le bail autorise-t-il réellement l’activité prévue ?

Le bail commercial est la colonne vertébrale du dossier. Le piège classique consiste à acheter un fonds alors que le bail n’autorise pas pleinement l’activité souhaitée : bar, restauration, vente à emporter, horaires tardifs, musique, privatisations. Il faut également vérifier les clauses d’agrément et les conditions de cession du bail, car un bail mal calibré peut rendre l’exploitation compliquée dès le premier jour. De nombreuses clauses doivent en amont faire l’objet d’un audit.

4. Extraction, sécurité, conformité : quisupporte le risque ?

Dans un restaurant, la cuisine, l’extraction, la ventilation et la sécurité sont des sujets coûteux. Il est indispensable de vérifier l’existant et d’encadrer contractuellement les déclarations du vendeur, afin d’éviter qu’une non-conformité découverte après la vente ne devienne un litige immédiat.

5. La terrasse : un acquis ou une autorisation à renouveler ?

La terrasse est souvent présentée comme un atout commercial évident, mais elle peut dépendre d’autorisations municipales ou de règles de copropriété. Il est important de clarifier ce qui est transmis, ce qui doit être redemandé, et ce qui n’est pas garanti.

6. Stocks et matériel : comment éviter la contestation le jour des clés ?

Les stocks doivent être traités avec précision : le plus souvent, ils sont payés en plus du prix, sur inventaire contradictoirele jour de la remise des clés. Le matériel doit faire l’objet d’un inventaire annexé, en distinguant ce qui est vendu de ce qui est loué ou soumis à contrat.

7. Le personnel : que reprend l’acheteur exactement ?

La cession d’un fonds entraîne généralement le transfert des contrats de travail. L’acheteur doit donc connaître précisément la situation du personnel : salaires, ancienneté, congés, primes, éventuelslitiges en cours. Une information incomplète peut transformer l’acquisition endifficulté immédiate.

8. Le paiement du prix est-il sécurisé pour les deux parties ?

Une cession de fonds prévoit souvent un séquestre pour gérer les oppositions de créanciers et sécuriser l’acheteur. Sans mécanique claire de calendrier, de séquestre et de libération du prix, le vendeur peut être payé trop tard, ou l’acheteur payer trop tôt.

9. Quelles garanties protègent après la signature ?

Une vente ne se sécurise pas seulement avant la signature. Il faut aussi prévoir des garanties après la cession : déclarations du vendeur, absence de dettes cachées liées à l’exploitation, absence de procédures en cours, clause de non-concurrence raisonnable, et traitement des contrats essentiels (brasseur, machine à café, caisse, maintenance, alarme).

10. À quel moment faut-il appeler un cabinet d’avocat ?

Le bon moment est avant de signer une promesse ou de verser un acompte. Les risques se jouent dans les détails : licence IV, bail, conformité, inventaires, personnel, séquestre, calendrier, garanties. Le rôle du cabinet est de sécuriser l’opération, d’éviter les clauses pièges, de négocier les points sensibles et de faire en sorte que l’exploitation puisse démarrer sans mauvaise surprise.

Si vous envisagez une cession de restaurant ou debar à Toulouse, un audit rapide des pièces (bail, licence IV, contrats,inventaire, éléments comptables) permet souvent d’identifier immédiatement les points à corriger, à renégocier ou à placer sous condition suspensive.

Jean-Paul CLERC
Avocat fondateur

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